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HAUT-KARABAKH : L'ÉTAT FANTÔME
HAUT-KARABAKH © SAMMY BILLON / ZEPPELIN NETWORK

Sur les smartphones, le GPS indique que l'on entre en Azerbaïdjan, pays à majorité chiite. Mais dans les faits, il s'agit ici d'une enclave peuplée d'Arméniens, chrétiens. Autoproclamé indépendant à la chute de l'URSS, le Haut-Karabakh n'est à ce jour reconnu par aucun Etat membre des Nations unies. Grand comme un département français, ce « jardin noir montagneux » est aujourd'hui plongé dans un état de guerre permanent. L'anecdote vante une armée de 150 000 soldats, soit la totalité de la population !

Depuis 2001, le collège militaire de Stepanakert donne la possibilité à de jeunes adolescents de suivre un cursus militaire en parallèle du cursus civil. La durée de cet apprentissage dure 3 ans. A partir de 13 ans, un élève doit savoir démonter et remonter un fusil d'assaut AK-47 en moins de 30 secondes.





Des exercices militaires sont soumis aux élèves de l'établissement tels que, l'entraînement au tir ou les parcours d'obstacles.


Les classes se composent de huit élèves pour une meilleure compréhension. Tous les élèves font des mathématiques, de l'anglais ou encore de l'histoire-géographie.


Les garçons dorment dans des dortoirs toute la semaine, tandis que les filles rentrent dans leur famille chaque soir. A la fin, les garçons continuent avec le service militaire obligatoire et la possibilité de passer directement officier.


Dans cet établissement d'une centaine d'élèves, 10 % sont des filles. Contrairement aux garçons, elles ne sont pas soumises au service militaire obligatoire après le collège.
[Stepanakert, Haut-Karabakh] Jusqu'en 1988, la région était sous l'occupation soviétique. Des symboles de cette époque sont toujours présents aux alentours de la capitale. A la chute de l'URSS, la région du Haut-Karabakh fut attribuée à l'Azerbaïdjan, ce qui provoqua le soulèvement qui mena à la guerre.





[Stepanakert, Haut-Karabakh] Certains bâtiments portent encore les stigmates des combats qui ont eu lieu pour libérer la capitale du joug de l'Azerbaïdjan.


[Stepanakert, Haut-Karabakh] La moitié des habitants de la République d'Artsakh vivent dans la capitale ou à ses abords, ce qui constitue une agglomération de près de 60 000 habitants.
L'Arménie fut la première nation à adopter le christianisme comme religion d'État en l'an 301. De ce temps-là, le Haut-Karabakh a gardé la même ferveur religieuse. Presque exclusivement chrétienne, la population se partage entre les fidèles apostoliques et les catholiques.





Les messes sont suivies tous les week-ends, et les Artsarkiens se pressent pour y assister. Rythmée par des chants, des prières et des processions, chaque cérémonie dure plusieurs heures. Beaucoup de femmes prient pour leurs fils mobilisés pour leur service militaire sur les lignes de front.


Membre de l'Église apostolique arménienne, Mgr Pargev Martirosyan est l'archevêque d'Artsakh. En exile durant l'époque soviétique, il est revenu dans la capitale au début de l'indépendance du pays. Aujourd'hui, il est une figure incontournable du Haut-Karabakh.
[Talish, Haut-Karabakh] Située en haut d'une colline, l'ancienne école offrait un cadre idéal avant l'incursion azérie en 2016. Aujourd'hui, la ligne de front est située à moins de 500 mètres de l'école.





[Talish, Haut-Karabakh] Le responsable du village observe l'une des salles de classe de l'ancienne école qui fut bombardée en 2016.


[Talish, Haut-Karabakh] Cette route située à 200 mètres de la ligne de front présente un grand parapet qui protège les hommes et les véhicules contre les tirs réguliers des snipers.
[Sarinshen, Haut-Karabakh] Les conflits qui ont fait rage dans le Haut-Karabakh remontent pour certains à plus de 30 ans, mais d'innombrables mines demeurent çà et là. Ici, une équipe de déminage part sur un champ de mines situé sur le versant opposé, à gauche de la photo. Ils y travaillent depuis 2016, date à laquelle un habitant a perdu ses jambes sur une mine. Depuis deux ans, 18 mines y ont été découvertes. Celles-ci ont été déposées par des groupes de rebelles arméniens en 1988 pour contrer l'avancée de l'armée azérie.





[Sarinshen, Haut-Karabakh] Comme chaque matin, des démineurs font un briefing avant de partir sur le terrain. Ce sont des locaux qui sont formés et employés par l'ONG Halo Trust, la seule à être présente sur le territoire. Depuis l'an 2000, cette organisation a détruit plus de 24 000 mines et explosifs militaires dans la région du Haut-Karabakh.


[Sarinshen, Haut-Karabakh] Protégé par un gilet en kevlar et un casque, chaque démineur emploie un détecteur de métaux, et un kit pour extraire la terre autour de la source du signal. A chaque alerte, la recherche est suspendue et le démineur creuse 50 cm avant l'endroit indiqué pour arriver par le côté de la pièce en métal, et non par dessus. Une fois que l'objet militaire est confirmé, il est lui-même détruit par une autre charge explosive.


Mine anti-char modèle TM-62 de fabrication soviétique. Recouvert de plastique, cet engin est difficile à détecter. Il peut pourtant contenir jusqu'à 7 kg d'explosifs.


Comme cet obus de mortier, près de 20 % des explosifs utilisés n'explosent pas. Ces bombes à retardement restent sur le sol, armées et dangereuses.
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LE PHOTOGRAPHE SAMMY BILLON
Photojournaliste, Sammy a suivi deux années d'études de photographie avant d'intégrer durant plus de quatre ans un studio de publicité. Fort de cette expérience, il sait mettre en lumière les sujets de ses reportages. Également vidéaste et télépilote de drone, il s'intéresse aux nouveaux vecteurs de communication pour réaliser ses reportages sous un angle novateur et percutant.