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BARKHANE 2021 RETRAIT DU NORD-MALI
RÉGION DE GAO, MALI + NIAMEY, NIGER © ANTONIN BURAT / ZEPPELIN NETWORK

Avec plus de 5000 militaires déployés dans cinq pays du Sahel, Barkhane est la plus importante opération extérieure actuellement menée par l'armée française. Elle a pour objectif de contenir l'avènement d'un nouveau foyer djihadiste en Afrique de l'Ouest. Cependant, depuis l'été 2021, l'opération est en pleine restructuration. Reportage sur l'un des derniers convois de la force Barkhane dans le Nord du Mali, entre Gao, Tessalit et Kidal. Septembre 2021.

Parti de Gao, sur les rives fertiles du fleuve Niger, le convoi de véhicules blindés serpente dans un nuage de poussière en direction du désert, au Nord, dans les traces des caravanes d'antan. Alors que la présence militaire française au Mali est en pleine mutation, la mission censée rejoindre Tessalit, vers la frontière algérienne, est peut-être la dernière de ce type dans la région. En effet, suite au discours d'Emmanuel Macron, le 10 juin 2021, annonçant la fin de l'opération Barkhane, l'armée française s'apprête à fermer ses bases dans le Nord du pays, à se replier sur la zone des trois frontières – entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso – et à réduire de moitié le nombre de militaires déployés au Sahel. Une manœuvre décisive et délicate pour la France, qui a jugé que le temps était venu de se retirer partiellement mais qui ne souhaite laisser le champ libre ni aux djihadistes stimulés par la victoire des Talibans en Afghanistan, ni aux mercenaires russes du Groupe Wagner qui ont entamé des discussions avec la junte au pouvoir à Bamako.

Les mécanos à la traque au grain de sable

Tandis que le ciel se teinte de couleurs roses orangées, le disque rougeoyant du soleil entame sa descente vers l'horizon, où sable et poussière tourbillonnent dans les mirages provoqués par la chaleur. Les températures suffocantes de l'après-midi vont bientôt laisser place à la fraîcheur nocturne, et une nouvelle journée s'achève sur la base avancée des combattants de l'opération Barkhane, au milieu du désert malien. Les soldats soufflent et profitent d'un moment de repos plus que mérité. Aujourd'hui, ils sont plus de 5000 hommes et femmes, répartis sur 5 pays du Sahel, à servir pour une mission débutée près de 8 ans auparavant. Barkhane est la plus importante opération extérieure actuellement menée par l'armée française, et a pour objectif de contenir l'avènement d'un nouveau foyer djihadiste en Afrique de l'Ouest. Pour ce faire, des convois composés de véhicules blindés de transport de troupes et de camions chargés de vivres, de carburant et de matériels sillonnent inlassablement les étendues arides du Sahel, en plein territoire ennemi. C'est cette logistique colossale qui permet aux hommes de faire leur travail de surveillance, de collecte d'informations et de neutralisation dans les meilleures conditions possibles. Un véhicule en panne entraînerait l'immobilisation immédiate de la caravane toute entière dans un environnement hostile et mettrait en péril les troupes et l'opération. Dans un tel contexte, la moindre vis mal serrée, le moindre piston mal huilé, peuvent être fatals. Pour remédier à ce genre de problème, des mécaniciens avertis accompagnent le convoi pendant toute la durée de l'opération, prêts à intervenir à tout moment et dans n'importe quelle situation. Le soir venu, lorsque le camp est monté, ce sont également eux qui, le plus souvent, continuent de travailler les derniers pendant que la plupart de leurs coéquipiers commencent à relâcher la pression. Leur mission : inspecter et réparer les rouages des véhicules, chaque jour mis à rude épreuve par la poussière du désert, pour minimiser le risque de drame au prochain départ.

© ANTONIN BURAT / ZEPPELIN NETWORK





LE PHOTOGRAPHE ANTONIN BURAT
Voyageur et photographe, Antonin s'oriente vers le reportage en couvrant la crise sur l'indépendance de la Catalogne en 2017, puis celle des Gilets jaunes un an plus tard au cœur des manifestations parisiennes. Il affine progressivement son regard et élargit son champ de travail en réalisant des reportages en Afrique de l'Ouest, au Kosovo, au Liban, et au Haut-Karabakh. Quels que soient les sujets qu'il traite, Antonin cherche dans la photographie un moyen de capturer les émotions ressenties sur le terrain et de les distiller dans les histoires qu'il rapporte.