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DU SOUFFLE SUR LES FRONTIÈRES
ROME, ITALIE © PATRICIA HAMEL / ZEPPELIN NETWORK

Chaque année, des milliers d'athlètes du monde entier se réunissent aux Eurogames pour s'affranchir des catégories et lutter contre les discriminations. Estampillée LGBTI, cette compétition sportive réussit l'habile pari de réunir plutôt que diviser, de développer un esprit d'ouverture et de fraternité. Elle est ouverte à toutes et tous, sans distinction de genre, d'orientation sexuelle, d'origine, d'âge, de condition physique, ni de niveau sportif. En 2019, cinq volleyeurs marseillais ont participé à la 17ème édition qui se déroulait à Rome. La photographe Patricia Hamel les a suivi.

Le sport est un espace qui propose traditionnellement une catégorisation en fonction de l'âge, du genre, du niveau, du type de compétition, de la discipline pratiquée, de la nationalité… Mais à l'évocation de fédérations, d'associations et d'événements sportifs estampillés LGBTI (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes), une question se pose d'emblée : n'est-ce pas une catégorie supplémentaire offerte aux athlètes pour pratiquer leur discipline dans l'entre soi le plus strict ?

En quoi ces organisations sportives LGBTI réussissent-elles l'habile pari de réunir plutôt que diviser, de faire de cette étiquette le témoin d'un esprit d'ouverture et de fraternité ? Quels sont les cheminements, les histoires personnelles et les objectifs individuels ou collectifs de ces sportifs amateurs ?

Le croisement de plusieurs récits récoltés lors des 17èmes Eurogames apporte un éclairage sur ces questions. Ces jeux ont lieu pour la première fois en Italie. Promus par la Fédération européenne des sports gays et lesbiens (EGLSF), ils sont le fruit de la volonté d'associer compétition sportive et lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et l'identité de genre. 2500 athlètes de 55 pays du monde y participent cette année. Une multitude de sports est représentée, du waterpolo au bowling en passant par le tennis et le volleyball.

Gianni, Jean-Marc, Kévin, Mike et Ton y participent. Ce sont des volleyeurs de l'association MUST (Marseille United – Sport pour Tous) qui a été fondée en 2013 à Marseille. Elle œuvre en toute circonstance dans un esprit de convivialité, de tolérance et de non-discrimination. Elle est ouverte à toutes et tous, sans discrimination notamment de genre, d'orientation sexuelle, d'origine, d'âge, de condition physique, ou de niveau sportif. Plus de 10 sports sont représentés dans cette association : natation, football, athlétisme, badminton, tennis de table, volleyball…

Adriano, Vladimir, Giampierro, Shelley, Nathan, Tobias, Iris, Fabrice… des officiels et des athlètes sont d'autres visages et d'autres voix. Leurs différents parcours et points de vue accompagnent notre réflexion sur les objectifs de cet événement.

En les suivant, à leur rencontre, l'évidence paraît. Oui, le sport LGBTI est ouvert, il ne se soucie pas des catégories. Chaque match, chaque point se joue dans une ambiance joyeuse et bienveillante. Le genre, l'orientation sexuelle ou l'apparence ne sont pas le sujet, puisque ces jeux sont justement faits pour assumer et oublier ce qui peut sembler être une particularité. Et il est impressionnant d'assister à ces perpétuels mélanges et échanges : entre nations, entre équipes, entre disciplines sportives… Ce type d'événement militant a deux vertus : il offre une bulle de liberté et de naturel à des personnes qui en sont parfois privées, et il permet, en réunissant des individus, de les rendre visibles et respectés.

© PATRICIA HAMEL / ZEPPELIN NETWORK





LA PHOTOGRAPHE PATRICIA HAMEL
Patricia a besoin de raconter ce qu'elle observe. Elle veut témoigner des nuances et de la complexité des phénomènes sociaux qui l'entourent. La photographie offre un décalage dans le temps et dans l'espace, ce qui lui permet de poser les yeux sur ce qui fait l'humanité.