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MARAIS AUDOMAROIS UN JARDIN FLOTTANT

Saint-Omer, Pas-de-Calais, France.
Kévin, 22 ans, scrute le marais aux jumelles. Il utilise une application pour répertorier les oiseaux qu'il observe. Bénévole à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), il aime particulièrement suivre le Grand cormoran, la Mésange boréale et le Troglodyte mignon. « Cette réserve vous ouvre tous ses secrets si vous êtes patient », prévient le passionné d'ornithologie, habitant lui-même Watten, à une dizaine de kilomètres de là.

La Réserve naturelle nationale des étangs du Romelaëre protège 104 hectares de zone humide au titre de la Convention de Ramsar. Situé sur les communes de Nieurlet, Saint-Omer et Clairmarais, cet ancien site d'extraction de la tourbe abrite aujourd'hui plus de 200 espèces d'oiseaux.
© JOAQUIM DASSONVILLE / AGENCE ZEPPELIN
Vaste labyrinthe de canaux et de zones humides, le Marais audomarois constitue un paysage unique en Europe. Dans ce coin de l'Artois flamand, les voies d'eau dessinent les chemins, et les barques remplacent les voitures. Une apparente tranquillité où se joue pourtant une transformation profonde : le recul du maraîchage traditionnel et avec lui, le risque d'un déséquilibre écologique. Car ce sont bien les agriculteurs qui façonnent le marais depuis 1300 ans, désormais classé Patrimoine mondial de l'UNESCO. Entre nature, habitations et savoir-faire, le site se montre à la fois vivant et fragile.