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ÉLÉPHANTS SANS FORÊT LA GUÉRILLA PAYSANNE

Begur, Kerala, Inde. Shibukuttan, garde forestier, inspecte un jeune casse-marron (Senna spectabilis). Cette plante invasive a été introduite dans les années 1980 par le Gouvernement indien pour ombrager les routes et servir d'ornement. Elle s'est rapidement répandue dans les forêts méridionales du pays (elle couvrirait 40 % des forêts du Wayanad). Elle forme de denses bosquets, étouffe les espèces locales et modifie la chimie des sols. Ces feuilles, qui ne sont pas comestibles, privent les herbivores de nourriture.

De 2002 à 2024, l'Inde a perdu 350 000 hectares de forêts primaires humides, soit près de 15 % de la perte totale de couvert arboré du pays et 5% de ses forêts primaires humides. L'Assam est l'État le plus touché, avec une perte de 22 % de sa surface forestière.
© VINCENT ESCHMANN / AGENCE ZEPPELIN
La cohabitation entre les Indiens et les éléphants sauvages atteint un point de rupture. Bousculés par la déforestation et la pression démographique, ces grands herbivores s'aventurent chaque nuit dans les cultures et les nouveaux villages, provoquant des affrontements de plus en plus violents, parfois mortels. Un conflit ancien, mais aggravé par la rupture des corridors naturels. Entre peur, colère et fascination, les habitants montent la garde et improvisent des défenses armées. A contrario, l'association Hati Bondhu propose un modèle de coexistence avec le bel animal.