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UN FRANÇAIS AU SECOURS DES LAOTIENS

VIENTIANE, LAOS • PHOTOS © JULIEN CLOZEAU / AGENCE ZEPPELIN
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Au Laos, la vie des blessés ne tient souvent qu'à un fil : celui d'un groupe de jeunes bénévoles prêts à en découdre. Cofondée en 2010 par Sébastien Perret, Vientiane Rescue 1623 offre un service d'ambulances et de premiers secours gratuit, une première dans ce pays fragile, où les routes sont extrêmement dangereuses. Le Français, lui-même paramédic et ancien pompier volontaire à Paris, oriente les nouvelles recrues vers des formations professionnelles, récupérant des dons de matériel étrangers, gagnant le respect des institutions et le cœur des habitants. En quelques années, l'organisation est devenue un maillon indispensable de la chaîne de soins locale.
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[Vientiane, Laos] Pour les bouddhistes, le Boun Pimai marque la fin d'un cycle et le début d'un nouveau. Pendant ces festivités du Nouvel an, qui durent trois jours, les Laotiens s'arrosent en abondance pour se purifier.
[Vientiane, Laos] Sébastien Perret vit au Laos depuis 2008. « C'est en assistant à un accident à quelques centaines de mètres d'un hôpital, et en ne voyant pas arriver les ambulances, alors que je commençais à prendre en charge les victimes, que j'ai eu une idée pour remédier à la situation », raconte le Français qui fut lui-même pompier volontaire à Paris. En septembre 2010, il confonde Vientiane Rescue 1623 avec une organisation locale, la Foundation for Assisting Poor People of Lao.
[Vientiane, Laos] L'ambulance et les bénévoles de Ventiane Rescue 1623 portent secours à un motard. La police routière rapporte que 95 % des accidents de la route au Laos impliquent des deux-roues. Le code de la route est rarement respecté, et les conducteurs de deux roues roulent souvent sans casque, soit par manque de moyen, soit par manque d'éducation. Neuf morts sur dix sont des hommes, souvent alcoolisés. De fait, les routes de la ville sont les plus meurtrières, par habitant, en Asie du Sud-Est.
DES ROUTES DANGEREUSES
[Vientiane, Laos] La capitale connaît un fort essor économique et démographique. La circulation y est dense et les traditionnels deux-roues évoluent au milieu de pick-up rutilants ou de gros camions acheminant tous types de denrées ou matériaux. À Vientiane, seulement un conducteur sur cinq aurait le permis de conduire.
[Vientiane, Laos] La station de Dong Dok est la plus grande de Vientiane Rescue 1623. C'est là que sont réceptionnées les demandes d'assistance avant que la station la plus proche ne soit éventuellement prévenue pour intervenir en urgence. Le numéro de téléphone : 1623. En quinze ans d'existence, ce sont 400 bénévoles, 3 stations dans la capitale et 4 autres en province qui constituent les forces de l'ONG.
[Vientiane, Laos] Située en périphérie de la ville, à 4 kilomètres au sud de l'hôpital Setthatirath, la station de Nong Hai emploie une trentaine de bénévoles. Elle est constituée de deux containers aménagés en dortoirs sommaires avec un espace couvert, deux douches et un coin cuisine. Les bénévoles ont à leur disposition une vieille ambulance et un ancien camion de pompiers offerts par le Japon.
[Vientiane, Laos] Deux motos se sont percutées sur une route mal éclairée de la ville. Une femme a été éjectée, et un jeune garçon est coincé entre les deux véhicules. Sébastien Perret aidé de Zee s'occupe de la femme. Au second plan, Tha prend en charge le jeune garçon, aidé par deux pompiers de la ville en stage au sein de Vientiane Rescue 1623.
[Vientiane, Laos] Une blessée est transportée par les bénévoles de Vientiane Rescue 1623 vers l'hôpital le plus proche ; son fils l'accompagne dans l'ambulance. Avant la création, en 2010, de ce service de premiers secours gratuits, cette scène n'aurait pas été possible, les ambulances des hôpitaux étant payantes et ne servant qu'à transférer des patients.
L'ALCOOL DANS LE VISEUR
[Vientiane, Laos] Les festivités du Nouvel an (Boun Pimai) durent trois jours. Trois jours à s'arroser, puisque selon la croyance bouddhiste, l'eau symbolise le renouveau et la purification. Mais aussi trois jours à boire des litres d'alcool. En Asie du Sud-Est, le Laos est le deuxième plus gros consommateur d'alcool derrière la Thaïlande, lequel serait en cause dans 80 % des accidents de la route.
[Vientiane, Laos] Les jeunes secouristes de Vientiane Rescue 1623 sont chargés de sécuriser un gros concert dans la capitale, mais aussi d'asperger le public sous des litres d'eau grâce à la lance incendie de leur camion. Cette mission festive fait du bien aux équipes qui vivent des drames au quotidien.
[Vientiane, Laos] Le pays est le deuxième plus gros consommateur d'alcool en Asie du Sud-Est, derrière la Thaïlande. Tous les événements comme Lao Pimai, le Nouvel an laotien, sont soutenus par des marques de bières étrangères ou locales, comme ici avec Beerlao (Lao Brewery Company).
[Vientiane, Laos] Un jeune homme proche du coma éthylique vient d'être déposé par ses camarades devant la station de Nong Hai, et les jeunes secouristes le chargent immédiatement dans l'ambulance. Avec le temps, la station est reconnue par la population comme un lieu de prise en charge d'urgences et il arrive que des victimes soient directement amenées sur place.
[Vientiane, Laos] Dans un état d'ivresse préoccupant, un jeune homme est déposé à l'accueil des urgences de l'hôpital Setthatirath où il sera pris en charge par le personnel soignant. Avant la création de l'ONG en 2010, il n'existait pas de services d'ambulances et de premiers secours gratuits pour la population permettant une prise en charge rapide et adaptée des victimes.
FORMER DES BÉNÉVOLES
[Vientiane, Laos] Les bénévoles s'exercent au massage cardiaque sur un mannequin. Formés selon les normes internationales au sein du réputé Institut national de médecine d'urgence (NIEM) à Khon Kaen, en Thaïlande, les équipes de Vientiane Rescue 1623 proposent une prise en charge aux normes internationales.
[Vientiane, Laos] Dans la station de Dong Dok, les bénévoles s'entraînent à la prise en charge d'un blessé de la route. Un des leurs joue le rôle de la victime pendant que les autres pratiquent la pose d'un collier cervical, d'attelles, de pansements et le brancardage.
[Vientiane, Laos] Fiers d'appartenir à Vientiane Rescue 1623, les jeunes bénévoles sont pleinement investis dans leur mission de secouristes. Ici, à la station de Nalao, ils n'hésitent pas à décorer leurs motos avec des autocollants aux couleurs de la fondation.
[Vientiane, Laos] Un jeune secouriste nettoie une des ambulances de la station de Nalao. Celle-ci a été offerte par un monastère. La fondation ne reçoit pas d'aide de l'État et ne fonctionne que grâce aux dons et aux soutiens financiers d'entreprises locales, de concessionnaires de la capitale ou d'ambassades étrangères comme celles de la France, du Royaume-Uni ou d'Australie.
[Tinpia, Laos] Peeter ajuste la tenue de pompier qu'a endossé Sony sous le regard amusé d'Alex et de Panoy. L'ancien camion qui leur a été offert par le Japon et les formations de pompiers reçues en Thaïlande leur permettent de se rendre sur des missions sensibles, comme celle de sécuriser une crémation, qui comporte des risques d'incendie en saison sèche.
SENSIBILISER ET PRÉVENIR
[Tinpia, Laos] Une foule dense est réunie au temple Wat Suntitum pour les funérailles de Yathanbeuang Yathipenyo, un moine vénéré dans le pays, décédé il y a peu et qui va être incinéré. Les membres de Vientiane Rescue 1623 ont été mobilisés pour sécuriser le site qui est en grande partie en bois.
[Tinpia, Laos] Des moines se recueillent devant le cercueil de Yathanbeuang Yathipenyo. La dépouille du vénérable moine est sur le point d'être incinérée au sein du temple Wat Suntitum.
[Tinpia, Laos] Les équipes de Vientiane Rescue 1623 arrosent les abords de l'autel en feu. La crémation soulève des flammèches qui volent vers la foule et les pavillons en bois.
UN ESPRIT DE FAMILLE
[Vientiane, Laos] Au sein de la station de Nong Hai, de jeunes secouristes bénévoles poursuivent leur astreinte, certains n'hésitant pas à jouer de la musique pour animer les heures d'attente. Cette décontraction succède à des moments difficiles, des urgences auxquelles ils ont été confrontés très jeunes, créant une vraie cohésion au sein de l'équipe.
[Vientiane, Laos] Tunar passe la bague au doigt de Hutsamai, une amie proche des jeunes bénévoles de la station de Nong Hai qui se sont réunis pour l'occasion. Vivre ensemble à la station et travailler en équipe sur des missions difficiles crée des liens. Ainsi forment-ils une vraie bande d'amis.
[Vientiane, Laos] Ator et Bee, comme les autres secouristes présents au mariage de leur amie, ont dû quitter la fête en début de soirée pour se rendre sur un important incendie en périphérie de la capitale. Ils rejoignent, en chemise blanche, le reste des jeunes bénévoles qui font déjà face aux flammes.
[Vientiane, Laos] Les bénévoles de Vientiane Rescue 1623 tirent les lances incendie vers les maisons en feu. Au fil des années et des formations professionnelles qu'ils ont reçues dans des spécialités comme la désincarcération des victimes de la route, plongeurs secouristes ou pompiers, ils sont devenus bien plus que des ambulanciers ou des secouristes. Aujourd'hui, ces jeunes sont souvent appelés par les pompiers de la ville qui n'ont pas toujours les moyens d'intervenir.
[Tinpia, Laos] Sébastien Perret, le fondateur de Vientiane Rescue 1623, reste présent sur le terrain et rejoint les équipes quand il le peut. Peeter et Alex, tous deux 18 ans, lui montrent du matériel de secours dont ils auraient besoin, sur un site internet thaïlandais spécialisé.
[Vientiane, Laos] Sébastien Perret joue avec les enfants des membres de l'équipe à l'occasion de Boun Pimai, le Nouvel an laotien. « C'est certainement le seul jour de l'année où les bénévoles peuvent souffler et vivre un peu d'insouciance », souligne le Français.
DES CADENCES INFERNALES
[Vientiane, Laos] Un violent accident vient de se produire, les équipes des stations de Nalao et de Dong Dok se sont rendues sur place avec du matériel de désincarcération. Les jeunes bénévoles sont bien plus que de simples secouristes : ils sont formés à l'Institut national de médecine d'urgence (NIEM) à Khon Kaen, en Thaïlande, où ils peuvent se spécialiser comme dans la prise en charge de ce genre d'accident.
[Vientiane, Laos] Peeter, 18 ans, va entreprendre des études de commerce. Sunday, même âge, travaille dans le restaurant de ses parents. Quant à Nui, 15 ans, il souhaite devenir médecin. Malgré leur jeune âge, les trois bénévoles font preuve de professionnalisme pour gérer la victime et son environnement.
[Vientiane, Laos] Alors que son équipe s'occupe d'une urgence avec deux blessés, Ting apprend par téléphone qu'ils sont attendus sur un autre accident survenu dans leur zone. Quand vient la nuit, et plus encore le week-end, les urgences peuvent s'enchaîner sur un rythme soutenu pendant des heures.
[Vientiane, Laos] Blessé lors d'un accident en scooter, un homme est soigné à même le sol. Tha tient sa jambe pendant que Faiy fait un pansement sur le pied, et que Ting s'occupe d'en faire un à la tête. Les effectifs de l'ONG comptent 40 % de femmes.
[Vientiane, Laos] Van essaye d'essuyer le visage en sang d'un des deux hommes blessés lors d'un accident de moto. Fortement alcoolisé, il ne se laisse pas facilement soigner. Au Laos, neuf morts sur dix sont des hommes, souvent ivres et sans casque.
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