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CORDISTES L'APPEL DU VIDE

AVIGNON + DIE + MONACO • PHOTOS © ANTOINE MERLET / AGENCE ZEPPELIN
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Suspendus loin du sol, les cordistes interviennent là où les accès traditionnels ne suffisent plus. Nettoyage, réparation, installation ou secours : leur métier exige une grande maîtrise technique et une vigilance constante. Chaque intervention repose sur des systèmes de cordes et des équipements rigoureusement préparés. Derrière les images spectaculaires se cache ainsi un métier de précision, où l'endurance compte autant que la coordination et la maîtrise des gestes.

De l'installation d'une immense vitrine Louis Vuitton à Monaco, à la compétition Vertical Day qui s'est tenue à Avignon, le photographe Antoine Merlet a suivi Green Up, une entreprise spécialisée dans les travaux sur cordes. Mais avant d'intervenir sur les façades des immeubles, les ouvrages d'art ou les sites industriels, chaque cordiste a dû passer une formation exigeante. Des images du Greta Ardèche Drôme complètent donc cette contre-plongée.

[Pont Saint-Bénézet, Avignon, Vaucluse, France] A l'occasion du Vertical Day, deux équipes interviennent simultanément sous le « pont d'Avignon » pour secourir des mannequins immergés. Les sauveteurs progressent sur cordes et mettent en place les systèmes de levage nécessaires à leur remontée sur le tablier.
[Pont Saint-Bénézet, Avignon, Vaucluse, France] Les secouristes courent sur le « pont d'Avignon » à l'aide d'une civière équipée d'une roue pour acheminer plus facilement leur équipement.
[Pont Saint-Bénézet, Avignon, Vaucluse, France] Les participants se répartissent les rôles avant d'entamer la descente au-dessus de l'eau. L'objectif est d'atteindre au plus vite les victimes.
[Pont Saint-Bénézet, Avignon, Vaucluse, France] Suspendu sous le tablier du pont, un sauveteur descend sur une corde de travail associée à un système antichute indépendant. La gestion des brins est essentielle pour éviter les croisements et garantir la fluidité des secours.
[Pont Saint-Bénézet, Avignon, Vaucluse, France] La remontée d'un mannequin conditionné dans une civière mobilise plusieurs systèmes de mouflage et de sécurité. L'évacuation impose notamment le franchissement des obstacles formés par la structure du pont.
UNE DÉMO MONUMENTALE Le Vertical Day confronte des professionnels de travaux sur cordes autour d'une journée consacrée aux manœuvres techniques. Organisée depuis 2024 dans des conditions proches de celles rencontrées sur les chantiers, cette compétition permet aux équipes d'entretenir leurs compétences et de partager leurs expériences sur quelques-uns des plus beaux monuments de France. Descentes d'urgence, évacuations de victimes, manipulations sur cordes ou progression en paroi : les démonstrations offrent un aperçu spectaculaire d'un savoir-faire rarement visible du grand public.
[Palais des Papes, Avignon, Vaucluse, France] Les cordistes remontent la tour de Trouillas sous la supervision des équipiers restés en hauteur. Cette phase permet de ramener progressivement matériel et intervenants vers la zone d'évolution.
[Palais des Papes, Avignon, Vaucluse, France] Le plan d'épreuve détaille les contraintes imposées aux équipes : emplacement des victimes, itinéraire autorisé et points de vigilance. Les concurrents doivent concevoir leur stratégie à partir de ces seules informations.
[Palais des Papes, Avignon, Vaucluse, France] Après 60 mètres de remontée sur corde, un secouriste s'agrippe au créneau de la tour pour franchir une rupture de pente. Ce type de passage technique exige coordination, équilibre et maîtrise des équipements de progression.
[Palais des Papes, Avignon, Vaucluse, France] La civière est « verticalisée » afin de franchir un passage étroit. Cette manœuvre permet de contourner les contraintes architecturales avant de reprendre une position horizontale.
[Palais des Papes, Avignon, Vaucluse, France] La civière est réceptionnée par Kyle après son passage dans le créneau. Les secouristes s'apprêtent à reprendre le contrôle de l'assiette de la civière, tout en maintenant une tension permanente.
L'ÉCOLE DES PROS En France, pour travailler sur cordes, il est recommandé d'obtenir le Certificat de qualification professionnelle cordiste (CQP). Le Greta Ardèche-Drôme fait partie des organismes qui dispensent des formations pour y accéder. Sous l'égide du ministère de l'Éducation nationale, les stagiaires se confrontent aux techniques de progression sur cordes, aux manœuvres de secours et aux gestes fondamentaux du métier. En salle ou en plein air, ils multiplient les exercices jusqu'à acquérir des automatismes, indispensables avant les premiers chantiers.
[Chaos du Claps, Luc-en-Diois, Drôme, France] Pour accompagner sa remontée vers la tyrolienne, Élise participe elle-même à la manœuvre. Les exercices permettent aux futurs cordistes de comprendre le fonctionnement de chaque système en situation réelle.
[Chaos du Claps, Luc-en-Diois, Drôme, France] Élise prend place sur le blondin pour la première mise en situation. L'exercice permet d'apprendre à déplacer une personne avec précision dans un plan horizontal et vertical. Il figure parmi les montages les plus techniques enseignés aux futurs cordistes.
[Chaos du Claps, Luc-en-Diois, Drôme, France] Un schéma détaille le fonctionnement du blondin, une tyrolienne de travail utilisée pour déplacer une charge ou une personne. Les différentes couleurs permettent d'identifier le rôle de chaque corde, dans un montage où plusieurs systèmes fonctionnent simultanément.
[Chaos du Claps, Luc-en-Diois, Drôme, France] Élise reste suspendue au centre du dispositif pendant que l'équipe ajuste sa position. La réussite de l'exercice repose autant sur la coordination des opérateurs que sur la qualité du montage.
[Chaos du Claps, Luc-en-Diois, Drôme, France] La pause déjeuner offre un moment de répit après plusieurs heures d'exercices. Les conversations se poursuivent souvent autour du matériel et des situations rencontrées au cours de la matinée.
[Chantier-école du Greta Ardèche-Drôme, Die, France] À la veille de l'épreuve certificative (CQP Initial Cordiste), les stagiaires réalisent un exercice de synthèse sur le « mammouth », une structure pédagogique. L'objectif : installer un accès sur cordes, lever une charge, puis démonter entièrement le dispositif.
[Chantier-école du Greta Ardèche-Drôme, Die, France] Tom, formateur, échange avec une stagiaire à l'issue de son exercice. Chaque mise en situation donne lieu à un débriefing individuel, où les gestes sont analysés afin de consolider les acquis avant l'examen.
[Chantier-école du Greta Ardèche-Drôme, Die, France] Un stagiaire défait un nœud pendant qu'une camarade love une corde. Derrière ces opérations de fin de journée se cache une même exigence : prendre soin d'un matériel dont dépendra la sécurité des futures interventions.
[Chantier-école du Greta Ardèche-Drôme, Die, France] « Rusly », le mannequin utilisé pour les exercices de secours, reproduit le poids d'une victime inconsciente. Plus difficile à manipuler qu'un partenaire d'entraînement, il permet aux stagiaires de se confronter à des situations proches de la réalité.
[Chantier-école du Greta Ardèche-Drôme, Die, France] Entre deux exercices en plein air, les stagiaires se retrouvent dans la salle commune, un espace de restauration et un lieu de vie pour échanger et suivre les enseignements théoriques. Le lendemain, ils passeront l'épreuve certificative.
LES EXIGENCES D'UN CLIENT À Monaco, la boutique de Louis Vuitton fait appel à des cordistes pour modifier la décoration de sa vitrine. Afin de ne pas interrompre l'activité commerciale, les techniciens de Green Up interviennent pendant trois nuits de suite. Ils installent les lignes de vie, nettoient les vitres, ajustent les supports, hissent les éléments du décor et réalisent les finitions, dans un espace où chaque centimètre compte. Si les plans sont préparés en amont, une grande partie du travail consiste à s'adapter aux contraintes du bâtiment et à résoudre, sur place, les imprévus du chantier.
[Magasin Louis Vuitton, Monaco] Les passants sortent des restaurants tandis que les techniciens poursuivent le montage de la nouvelle vitrine. Pendant plusieurs nuits, la boutique se transforme.
[Magasin Louis Vuitton, Monaco] Une corde d'accès de la marque Beal, fabricant français spécialisé dans le matériel de montagne et de travaux sur corde, attend d'être mise en service au pied de la vitrine.
[Magasin Louis Vuitton, Monaco] Lucas effectue le contrôle croisé du harnais et du casque d'Alex. Ce « partner check », réalisé avant chaque départ sur corde, constitue l'une des étapes essentielles du protocole de sécurité.
[Magasin Louis Vuitton, Monaco] Maxime, au centre, échange avec le reste de l'équipe tandis qu'Aurore apparaît au premier plan. Chaque nouvelle vitrine impose d'adapter les méthodes d'installation aux contraintes spécifiques du décor et du bâtiment.
[Magasin Louis Vuitton, Monaco] Les plans de montage accompagnent les équipes tout au long du chantier. Ils localisent les éléments et permettent à chaque technicien de travailler de manière autonome tout en respectant la conception imaginée en amont.
[Magasin Louis Vuitton, Monaco] Deux techniciens rangent une corde à la fin d'une intervention. Correctement lové, le matériel pourra être réutilisé sans nœud ni vrillage lors de la prochaine installation.
[Magasin Louis Vuitton, Monaco] Philippe love une corde avant de la ranger. À l'arrière-plan, les caisses de matériel sont organisées par usage – peinture, enduits, levage ou protection – afin de faciliter le travail de l'ensemble de l'équipe.
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