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MARAIS AUDOMAROIS UN JARDIN FLOTTANT

Saint-Omer, Pas-de-Calais, France.
Installé par la communauté d'agglomération, un piège flotte à la surface d'un watergang pour capturer le Rat musqué, espèce invasive introduite au milieu du XXᵉ siècle. En l'absence de prédateurs et depuis l'interdiction de la lutte chimique en 2009, l'animal prolifère. Il s'attaque aux cultures, provoque l'affaissement des berges et l'envasement des cours d'eau, augmentant ainsi les risques d'inondations. En 2019, la Préfecture estimait l'ensemble des dégâts provoqués sur le Marais audomarois à plus d'un million d'euros par an.

La Réserve naturelle nationale des étangs du Romelaëre protège 104 hectares de zone humide au titre de la Convention de Ramsar. Situé sur les communes de Nieurlet, Saint-Omer et Clairmarais, cet ancien site d'extraction de la tourbe abrite aujourd'hui plus de 200 espèces d'oiseaux.
© JOAQUIM DASSONVILLE / AGENCE ZEPPELIN
Vaste labyrinthe de canaux et de zones humides, le Marais audomarois constitue un paysage unique en Europe. Dans ce coin de l'Artois flamand, les voies d'eau dessinent les chemins, et les barques remplacent les voitures. Une apparente tranquillité où se joue pourtant une transformation profonde : le recul du maraîchage traditionnel et avec lui, le risque d'un déséquilibre écologique. Car ce sont bien les agriculteurs qui façonnent le marais depuis 1300 ans, désormais classé Patrimoine mondial de l'UNESCO. Entre nature, habitations et savoir-faire, le site se montre à la fois vivant et fragile.