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PATRIMOINE L'ÉTHIQUE DU RESTAURATEUR
FRANCE © ANTOINE MERLET / ZEPPELIN NETWORK

Les œuvres d'art sont des témoignages fragiles. Certaines valent cher quand d'autres n'ont pas de prix. Tel un patrimoine, elles traversent le temps et les épreuves avec plus ou moins de succès. Convoitées, blessées, négligées, certaines d'entre elles sont confiées à des restaurateurs. Charge à eux d'interrompre leur processus de destruction et, éventuellement, de rétablir leur aspect originel. Deux missions qui requièrent de la méthode et du sang froid.  LIRE LA SUITE

L'horloger de la Croix-Rousse

Caluire-et-Cuire, Rhône, France. François Simon-Fustier représente la quatrième génération d'horlogers de sa famille. En 1999, il a créé L'horloger de la Croix-Rousse, un atelier pour se consacrer entièrement à la restauration d'horloges et de pendules anciennes. Ici, le maître ne vend pas d'objets, mais uniquement un savoir-faire traditionnel et rigoureux. Une gageüre pour son élève, Robin Putinier, qui sera « appelé un jour à reprendre l'entreprise ».

La restauration du cuir au 2CRC

Moirans, Isère, France. Le Centre de conservation et de restauration du cuir (2CRC) a été créé en 2002 par Céline Bonnot-Diconne, diplômée du Master de conservation-restauration des biens culturels (Paris I). L'atelier de 185 m² de plain-pied est capable de recevoir des œuvres de grandes dimensions dans des locaux climatisés et sécurisés. Il travaille pour les musées, les monuments historiques, les collectivités et les particuliers. Ses artisans s'attèlent ici aux décors en cuir de la salle à manger du château de Maintenon.

Les Archives municipales de Lyon

Lyon, Rhône, France. Les Archives municipales de Lyon disposent d'un atelier de restauration pour leurs ouvrages, soit 17 kilomètres linéaires de documents archivés depuis 1320, principalement en papier, en calque, mais aussi en parchemin ou en cuir. « C'est là aussi qu'on gère les contaminations de moisissures, les installations d'insectes et, en cas d'urgence, le plan d'évacuation des documents », présente Béatrice Bert, responsable de l'atelier, pour qui la restauration c'est « offrir une seconde vie aux documents ».

L'atelier d'Aldo Peaucelle

Lyon, Rhône, France. Aldo Peaucelle et son équipe effectuent des missions de conservation et restauration de tableaux. Ils étudient les peintures, les cadres, et proposent des solutions spécifiques à leur restauration. Installés à Lyon, dans un atelier pavoisé de tableaux de maîtres et d'anonymes, ces artisans peuvent passer des heures sur quelques centimètres carrés. Ils travaillent avec les particuliers, mais aussi avec les musées nationaux et les monuments historiques.

La filière peinture au C2RMF

Paris, France. Le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) est le bras armé, technique et scientifique, du Service des musées de France qui regroupe 1 216 établissements. Il assure la meilleure connaissance et la meilleure conservation possibles de leurs collections. Sis au palais du Louvre, à Paris, il accueille les œuvres d'art pour les étudier en laboratoire avant de les restaurer dans ses ateliers. Ici, Éric Laval met en place un dispositif de fluorescence X pour analyser Le printemps, œuvre de Giuseppe Arcimboldo (1573, Musée du Louvre) afin de visualiser la répartition des éléments chimiques. Pendant le tir de rayons X pour l'acquisition des données, l'ingénieur se place derrière un écran de protection plombé par mesure de radioprotection.

Le Château de Versailles restaure La Famille royale dans l'Olympe

Versailles, Yvelines, France. La Famille royale dans l'Olympe, œuvre de Jean Nocret (1670, Château de Versailles), bénéficie de sa première restauration depuis le début du XIXème siècle. Le chantier débute avec le retrait des repeints et du vernis jauni. Il se poursuivra avec le traitement du support-toile et du châssis. Enfin, les restaurateurs viendront combler les lacunes et les usures sur le tableau préalablement verni. L'opération devrait durer 18 mois.

Le Château de Versailles restaure le Buffet d'eau du Grand Trianon

Versailles, Yvelines, France. Œuvre de Jules Hardouin-Mansart, le Buffet d'eau des jardins du Grand Trianon (1702, Château de Versailles) est une fontaine monumentale constituée de vasques superposées en gradins. Déjà restaurée en 1892, l'absence de fondations a depuis considérablement fragilisé l'ensemble, et les défaillances du système hydraulique empêchent sa mise en eau. Les travaux, d'une durée de 18 mois, mobilisent ingénieurs hydrauliques, marbriers, soudeurs et fontainiers.

La filière sculpture au C2RMF

Paris, France. Le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) est le bras armé, technique et scientifique, du Service des musées de France qui regroupe 1 216 établissements. Il assure la meilleure connaissance et la meilleure conservation possibles de leurs collections. Sis au palais du Louvre, à Paris, il accueille les œuvres d'art pour les étudier en laboratoire avant de les restaurer dans ses ateliers. Ici, de l'examen à la retouche, en passant par le décrassage et le comblement lacunaire, chaque sculpture fait l'objet d'une méthode attentive.

Le Musée des Confluences fait la lumière sur un lit persan

Lyon, Rhône, France. « Lit d'une famille royale trouvé dans une montagne des environs d'Hamedan, Perse », ainsi le Musée des Beaux-arts de Lyon présentait-il, en 1933, sa nouvelle acquisition. Aujourd'hui conservé au Musée des Confluences, cette structure démontable apparaît comme un lit de voyage de style qajar (Iran, milieu du XIXème), même si d'aucuns songent plutôt à une sorte de trône portable, le takht. Il est considéré à ce jour comme la seule œuvre du genre qui subsiste. Ici, la restauration porte sur un de ses panneaux richement décorés.

L'accélérateur de particules du C2RMF

Paris, France. Le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) est le bras armé, technique et scientifique, du Service des musées de France qui regroupe 1 216 établissements. Il assure la meilleure connaissance et la meilleure conservation possibles de leurs collections. Sis au palais du Louvre, à Paris, il accueille les œuvres d'art pour les étudier en laboratoire avant de les restaurer dans ses ateliers. Ici, les scientifiques disposent d'un accélérateur de particules pour étudier les vitraux meurtris de Notre-Dame de Paris.

L'atelier Vitrail Saint-Georges

Lyon, Rhône, France. Héritier d'une entreprise fondée en 1852, Jean Mône poursuit le savoir-faire des verriers avec succès. De la coupole des Galeries Lafayette à Paris au vitraux du chœur de Notre-Dame brûlés en 2019, l'atelier Vitrail Saint-Georges emploie une quinzaine d'artisans pour « laisser passer la lumière ». Ici, l'équipe s'attèle à la restauration des 23 vitraux de l'église Saint-Irénée à Lyon.

Des compagnons pour Notre-Dame de Reims

Reims, Marne, France. Connue pour avoir été le lieu de sacre de 31 rois de France, la cathédrale Notre-Dame de Reims est une œuvre majeure du style gothique. Achevée en 1345, martyrisée pendant la Première guerre mondiale, sa restauration a commencé en 1989. Elle s'achève avec le chevet de la cathédrale, notamment sur les maçonneries, la sculpture décorative, les vitraux et les couvertures en plomb. Ici, les artisans ont enlevé leur casque le temps de la prise de vue.

LE PHOTOGRAPHE ANTOINE MERLET
Photoreporter indépendant, Antoine travaille pour la presse régionale et nationale. Après avoir donné des cours de sport pendant cinq ans, il s'est engagé dans le journalisme, orientant ses travaux vers les luttes sociales. Il aime prendre le temps de comprendre un sujet avant de s'y engouffrer. Exposé aux Rencontres d'Arles en 2017, à la Galerie VU' en 2020, et projeté au festival Visa pour l'image en 2021, il sait sortir de sa zone de confort pour travailler avec des rédactions comme M Le Monde, Télérama, Le Figaro, Libération, La Croix, ou encore Vice.
VOIR AUSSI TÊTE-À-TÊTE AVEC UNE MOMIE
Restaurée par le C2RMF, la momie égyptienne de Setjaimengaou s'apprête à regagner le Musée de Picardie, à Amiens. Il s'agit d'une femme décédée vers 664 av. J-C, probablement issue de la nécropole thébaine. Préservée de la putréfaction, elle n'en demeure pas moins fragilisée par le poids des années. Charge aux restaurateurs contemporains d'employer leurs savoir-faire afin de mieux l'admirer et la respecter pour les siècles à venir.